Articles Tagués ‘Pan-arabisme’

Les réactions provoquées par le zoom intitulé « Et si le Maroc n’avait pas été colonisé ? » furent singulièrement éclairantes. Elles étaient, non pas contrastées, mais strictement symétriques, aux deux bouts d’un même spectre : il y avait ceux qui dénigrèrent un article défendant les « aspects positifs » de la colonisation et ceux qui semblèrent saluer l’effort français pour [...]

« Je parle espagnol à l’église, français avec les dames, et allemand aux écuries ». On prête à Charles Quint, le souverain d’un empire couvrant tous les fuseaux horaires – qu’on me permette cet anachronisme – ces propos exemplaires. Exemplaires de la situation linguistique d’avant l’État-nation, quand l’unité politique ne présumait pas l’unité linguistique, et exemplaires de [...]

Georges Sokoloff, célèbre soviétologue, avait intitulé une histoire de la Russie La Puissance pauvre. Titre paradoxal mais hautement expressif des contradictions russes. Entre « visées impériales » et « contraintes matérielles », entre sous-développement et suprématie mondiale, une tension court tout au long de l’histoire moderne de la Russie. Mais cet oxymoron, qui fit de la Russie l’empire le [...]

On s’est beaucoup étonné de l’absence de leaders affirmés dans les révolutions arabes. Pour qui se rappelle les événements des années 1950 qui firent tomber les dynasties post-ottomanes en Egypte, en Tunisie, en Irak, au Yémen, cette lacune est saisissante. Nasser, Kassem, Bourguiba, d’autres encore, conduisirent des changements politiques majeurs. Cela pour la rationalité et [...]

Peut-être que le volontarisme pan-maghrébin de Moncef Marzouki restera lettre morte, peut-être que ses appels à l’unité font-ils déjà sourire ses partenaires. Mais que le président de la petite Tunisie prenne la tête d’une initiative de relance de l’intégration maghrébine est un indicateur politique sur lequel il faut s’arrêter.

Le ministre marocain des Affaires étrangères en Algérie, le président tunisien au Maroc : consacrer ses premiers déplacements internationaux à ses voisins n’est pas inhabituel, mais pas au Maghreb, pas ces deux dernières décennies. La chose est d’autant plus piquante qu’en ce même Maghreb, en ces mêmes deux dernières décennies, une tentative d’union avait été lancée.  [...]

L’Etat autoritaire arabe né dans les années 1950 était structuré autour de la notion d’ennemi. Ses différentes composantes : l’état d’exception permanent, le parti unique, la militarisation de la société, ne pouvaient se maintenir qu’autour de cette colonne vertébrale qu’est l’ennemi. Ou plutôt un Feinbild, comme disent les Allemands, une figure imaginaire de l’ennemi, qui justifiait [...]

Il n’aura échappé à personne que l’histoire arabe moderne s’est faite sous l’égide de quelques termes : Nahda, Islah, Baath… Idéologies antagonistes, domaines d’intérêt différents, acteurs variés, mais une même similitude lexicale : tous ces programmes se formulèrent comme répétitions de processus passés, et comme reprises d’étapes historiques avortées.

Al Jazeera, par des voix autorisées, prétend être à l’origine du Printemps arabe. Cette assertion, peut-être valable, procède d’un contexte historique particulier. Mais paradoxalement, la démocratisation des pays arabes signifiera probablement la fin de l’hégémonie médiatique de la chaîne qatarie.

L’unité de la soixantaine d’années passées est éclatante. Entre le milieu du XXème siècle et l’année 2011, la majorité des pays arabes vécurent sous des régimes similaires. Les différences entre Nasser, le Baas, le FLN ou Kadhafi sont minimes par rapport à de fortes convergences. Dirigisme économique, parti unique et culte du chef, mobilisation idéologique [...]