Religion ou tradition?

Publié: 7 février 2017 dans Non classé

Pas un jour qui passe sans qu’on nous explique que les archaïsmes dans l’islam sont dus à la tradition, non à la religion.

Cette opposition entre la tradition, forcément réactionnaire, misogyne, patriarcale, obscurantiste, et la religion, obligatoirement rationnelle, éclairée, moderniste avant l’heure, est devenue le fer de lance des promoteurs de l’islamisation culturelle. Lire la suite »

Maroxit

Publié: 7 février 2017 dans Non classé

Lors des idéalistes années 1990, Bruxelles fut le phare d’un monde enfin arrivé à maturité post-historique. Des périphéries de l’Europe, on attendait le rattrapage : de la Russie, la croissance ; de la Chine, la démocratie ; du Moyen-Orient, un peu de tout cela et plus encore. Bref, Bruxelles frayait la voie d’un monde réconcilié. Deux décennies plus tard, la situation s’inverse. Cette fois-ci, les périphéries sont (re)devenues autocentrées, leur émergence économique se confirme, leur démocratisation prend des chemins paradoxaux, et le regard qu’elles portent sur l’Europe a radicalement changé. Pour Moscou, Ankara, mais aussi Budapest ou Varsovie, Bruxelles n’est plus un phare, mais un repoussoir. Lire la suite »

La culture de la hmiza

Publié: 6 février 2017 dans Non classé

L’hmiza, qui n’en a pas rêvé, au moins une fois dans son existence ? Le coup d’une vie, l’affaire du siècle. L’hamza, c’est la culture de l’occasion et de l’aléa adaptée à l’économie de marché. Et donc la destruction du principe même de création de richesses par la volonté de ruser avec les notions de travail, de production, de ponctualité et de long terme. La culture populaire regorge d’anecdotes sur des réussites immédiates, des renversements décisifs qui se sont produits à l’occasion d’une seule manipulation. Qu’elles soient vraies ou fausses, ces histoires en disent long sur la manière dont les Marocains, et plus généralement les peuples méditerranéens, envisagent la production de richesses. Lire la suite »

L’Etat n’est pas l’empire

Publié: 6 février 2017 dans Non classé

Que le chef du plus vieux parti politique marocain fasse une déclaration qui met à mal la diplomatie marocaine, ce n’est après tout qu’une preuve de la médiocrité du personnel politique. Mais le sujet lui-même, le rapport du Maroc à la Mauritanie, et les réactions gênées des autres formations dénotent une profonde méconnaissance de la vocation du Maroc dans son environnement. Lire la suite »

Le désarroi des empires

Publié: 12 janvier 2017 dans Non classé

Il y a exactement un siècle, quatre grands empires historiques s’effondraient en quelques années. La Russie tsariste (1917), l’empire ottoman (1918), la Perse (1921) et l’empire chinois (1912). Ainsi, la décennie 1910 fut celle de tous les bouleversements de l’Eurasie centrale. Dans ce que les géopoliticiens appellent le heartland, le cœur démographique et physique du monde, les anciennes structures politiques se liquéfièrent. Parallèlement, la montée en puissance des empires maritimes, déjà commencée depuis plusieurs siècles, se confirmait avec l’avènement des Etats-Unis, réussite absolue de l’empire périphérique.

Un siècle après, c’est comme si une horloge historique invisible remet les compteurs à zéro. De nouveau les empires « centraux » au cœur de l’Eurasie semblent bouger, alors que les empires périphériques, l’Europe et l’Amérique, cèdent du terrain. Lire la suite »

Des régimes sans Etat

Publié: 11 janvier 2017 dans Non classé

Assad a donc gagné. Le “Printemps arabe”, si bien commencé, s’était perdu dans les contradictions socioculturelles de la région. On savait, à la minute près, dater son début. Mais pas quand fermer la séquence. Aujourd’hui, on peut dire que la chute d’Alep clôt le chapitre.

Mais lequel exactement ? Qu’avaient demandé les insurgés tunisiens, syriens, égyptiens, au début de 2011 ? La démocratie, la justice sociale, le respect de la dignité humaine ? Ces différentes réclamations convergeaient vers une même aspiration institutionnelle : plus d’État et moins de régime. Lire la suite »

Le nouvel âge du panafricanisme

Publié: 10 janvier 2017 dans Non classé

Qu’est-ce que la maturité en politique internationale ? Vaste question. Le réalisme bien compris ? L’importance accordée à l’histoire ? La modération idéologique ? Aucune réponse n’est entièrement satisfaisante, mais on peut s’accorder à dire qu’au lendemain des indépendances, dans les années 1960, la politique africaine était immature. Entre les villages autogérés dans la Tanzanie de Nyerere et l’Algérie de Ben Bella, les tentatives d’unions mal ficelées entre Sénégal et Mali, et les interventions cubaines fleur au fusil, le continent ne sortait de la nuit coloniale que pour entrer dans la pénombre des rêves des mal réveillés. Lire la suite »

La campagne électorale permanente

Publié: 3 janvier 2017 dans Non classé

Le processus électoral est à l’image de la bataille militaire. Confrontation métaphorique, elle n’en est pas moins décisive : de la bataille émergent un vainqueur et un vaincu. C’est même précisément dans ce but que toute l’ingénierie électorale est organisée (découpage territorial, campagne électorale, arithmétique du vote). Le Maroc a voté il y a deux mois. Depuis — et bien que les résultats soient incontestables et la Constitution, à ce propos, cristalline —, le pays patine dans une espèce de pré-crise politique. Lire la suite »

3700 km

Publié: 1 décembre 2016 dans Non classé

Le plus grand port du Maghreb. Le plus haut pont à haubans d’Afrique. La plus vaste centrale solaire du monde. Je ne sais pas si nos superlatifs nationaux sont exacts, mais je m’étonne de quelques oublis. Les Marocains, qui aiment souligner les quelques records qu’ils détiennent, omettent le plus important. Le Maroc dispose de la plus longue façade maritime d’Afrique. Avec 3700 km de côtes, linéaires depuis la frontière algérienne à la frontière mauritanienne, le pays se place en effet très loin devant ceux qui suivent, la Somalie avec un peu plus de 3000 km, ou l’Afrique du Sud avec 2800 km. Lire la suite »

Voici deux siècles que les sphères culturelles périphériques à l’Occident débattent de l’identité et de la modernité. Arabes, Russes, Chinois, Japonais, Indiens, ils n’ont cessé d’écrire des traités et des contre-traités pour démontrer la pertinence de l’occidentalisation, son horreur, sa nécessité à petite dose, son innocuité ou sa virulence, ses bienfaits, ses ravages. Qui d’entre les lecteurs ne se souvient pas d’au moins un cours de langue arabe portant sur la dialectique d’“al ana wal akhar” ? Ces obsessions scolaires marocaines avaient bien sûr leurs équivalents un peu partout dans les écoles de ce cercle périphérique de la modernité importée.

Mais le nouveau dans l’affaire c’est que cette dialectique se ringardise. Lire la suite »