Archives de 6 janvier 2012

L’année 2012 commence avec des pouvoirs neufs à la tête de beaucoup de pays arabes. Neufs mais pas jeunes. Les individus – Marzouki, Benkirane, etc. – et les groupes – PJD, Nahda, oppositions gauchisantes etc. – qui accèdent aux magistratures suprêmes ne font pas partie de cette génération 2011 qui a défait les régimes. Qu’ils soient portés aux commandes par celle-ci n’est pas une aberration, comme on a pu l’entendre ; la révolution n’a pas été usurpée des mains des révolutionnaires. Comme la IIIème République française fit appel aux hommes de 1848, comme les révolutions russe ou iranienne, accomplies par des adolescents et des jeunes adultes, se réclama des cadres des oppositions historiques aux empereurs, il y a toujours un décalage d’une génération entre ceux qui font la révolution de rue et ceux qui la chapeaute. Il arrive que ce décalage soit idéologique : se créant une conscience politique dans les épreuves de la rue, les révolutionnaires, incapables de structurer un discours immédiat, mobilisent les discours d’opposition disponibles, restés en réserve. (suite…)

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