Archives de la catégorie ‘Non classé’

Le bikini de la paysanne

Publié: 6 août 2017 dans Non classé

Comme chaque été, les plages marocaines se transforment en champ de bataille idéologique. Bikini ou burkini ? L’affaire n’est pas anecdotique. Le débat lui-même peut paraître vain ou instrumentalisé par les médias. Mais le fond de la question est sérieux. Il n’engage pas que des thématiques religieuses. Il est, plus fondamentalement, une affaire de démocratie. (suite…)

Almoravides ou Almohades ?

Publié: 6 août 2017 dans Non classé

Almoravides et Almohades, les deux bannières éclatantes de l’histoire du Maroc. Le grand public connaît au moins quelques victoires, Zallaqa et Alarcos, et rattache leur nom à deux capitales, Marrakech et Rabat. Huit siècles plus tard, des résonnances existent entre les deux empires et le Maroc actuel. Les Almohades comme les Almoravides ont eu pour piliers l’extension de leur territoire et la réforme religieuse. Aujourd’hui, le Maroc mène des offensives économiques et diplomatiques à l’étranger, et se confronte à la question religieuse. Aussi, les leçons qu’on peut tirer de l’expérience des deux dynasties médiévales valent celles que des cabinets d’audit américains font chèrement payer au gouvernement. (suite…)

« Des putes et des assassins »

Publié: 27 juillet 2017 dans Non classé

David Ben Gourion disait, semble-t-il, qu’il voulait faire d’Israël « un Etat normal, avec ses putes et ses assassins. » L’importance de cette formule va bien au-delà de son incongruité. Sans doute l’a-t-il prononcé au cours d’une discussion où l’un des interlocuteurs dû lui reprocher les imperfections du nouvel Etat, ou les défauts de ses citoyens, ou l’amoralité de son espace public. Ces paroles sont donc une mise au point, destinée à ceux qui semblaient croire qu’Israël était voué à persister dans l’utopie, avec son radicalisme et son exception au quotidien. David ben Gourion leur dit en substance qu’un Etat mature est un Etat « normal », et que la normalité suppose la reconnaissance, par le politique, de la nature de l’être humain et du genre de société qu’il instaure avec ses semblables. La criminalité, la prostitution, mais aussi la corruption ou les incivilités, sont des maux à combattre. Mais leur éradication est non seulement impossible, elle mènerait même à des maux plus grands. (suite…)

Lisez Zefzaf et libérez Zefzafi

Publié: 25 juillet 2017 dans Non classé

Pensant au mouvement que Nasser Zefzafi a fini par incarner, je ne peux m’empêcher de penser aux récits d’un écrivain marocain, lui-aussi originaire du nord, Mohamed Zefzaf (1943-2001). Il fut le romancier de la Casablanca des années 1980. Mais la réalité qu’il décrit, si elle date pour la mégalopole, a d’étranges similarités avec celle des petites villes en ébullition des marges du Maroc contemporain. (suite…)

La plus arabe, la plus orientale, la plus anciennement civilisée, la plus méditerranéenne, mais aussi la plus centralisée, la plus laïque, la plus moderniste… Le plus berbère, le plus occidental, le plus traditionaliste… Au jeu des superlatifs maghrébins, la Tunisie et le Maroc gagnent en pointant aux deux bouts de ce qui fait l’essence du Maghreb. Leurs positions géographiques respectives sont aussi des marqueurs culturels. Et pourtant, ces deux antonymes semblent connaître, depuis l’indépendance, une coopération sinon toujours dynamique, du moins jamais sérieusement menacée par un quelconque désaccord profond. Cette réalité diplomatique tient de la raison. (suite…)

Zara, Mango, Aldo et les autres

Publié: 25 juillet 2017 dans Non classé

La chaussure était-elle politique ? et le body, et la jupe, et même le string et la nuisette ? Depuis quelques années, la multiplication des enseignes de prêt-à-porter, essentiellement féminin, a changé le paysage urbain des grandes villes marocaines. (suite…)

Les promesses du 11 juin

Publié: 20 juin 2017 dans Non classé

Dans Le Fellah défenseur du trône, un classique de l’analyse politique, Remy Leveau décrit, au début des années 1960, la vérité politique du Maroc indépendant. Le pouvoir monarchique s’appuie sur la ruralité contre les villes. Ruralité archaïque, sous-productive et “sous-traitée” au réseau caïdal traditionnel. Une ruralité qui fait front, cependant, contre les villes, que l’explosion démographique, l’exode rural et l’industrialisation naissante rendent inflammables.

On peut imaginer que cette vérité était connue aussi du pouvoir, et que les freins multiples mis à l’urbanisation et à l’alphabétisation, et l’encouragement au maintien d’une agriculture sous employant une main d’œuvre nombreuse, tenaient à la conscience de cette alliance entre le trône et le douar. Malgré tout, la réalité d’un pays en transition démographique est instable. En 1984, dans une seconde édition du livre, Remy Leveau fait remarquer que l’exode rural joue contre cette stabilité, le “fellah défenseur du trône” ayant la fâcheuse tendance, depuis les sèches années 1980, à devenir un périurbain miséreux. (suite…)

Dans le Golfe, en ce moment, la vraie rupture n’est pas entre le Qatar et ses voisins. Cette rupture-là finira par se réduire, par la négociation ou le rapport de force. La vraie rupture est ailleurs, l’écume des journaux télévisés la masque pour le moment. Elle passe entre les Etats et leurs sociétés, et c’est en réalité une faille béante. (suite…)

Il a 39 ans, la taille élancée et le poil blond-roux ; il suscite sympathie ou aversion à très large échelle ; encore inconnu il y a peu, il est désormais suivi par la presse internationale. Vous pensez à Emmanuel Macron ? C’est vrai que ça fonctionne pour lui aussi, mais il s’agit de Nasser Zefzafi. Et lui aussi est en marche. (suite…)

Géopolitique des écritures

Publié: 16 mai 2017 dans Non classé

En 2023, c’est-à-dire demain ou après-demain, la Turquie célébrera, solennellement, peut-on penser, le centenaire de la fondation de la République turque par Mustapha Kemal et l’abolition de l’Empire ottoman.

On peut d’ores et déjà imaginer les différentes inaugurations : ponts et nouvelles villes, tours et musées. Je propose aux lecteurs un jeu, une sorte de pari : parmi les projets qui seront lancés à l’occasion, et dans l’hypothèse où Erdogan ou un fidèle seront toujours aux commandes, ce qui est probable, le pouvoir annoncera une immense mesure, une révolution, ou pour être plus juste une contre-révolution : le retour à l’alphabet arabe dans l’écriture de la langue turque. Impossible ? Pas vraiment. L’avenir nous le dira de toute manière. (suite…)