Archives de la catégorie ‘Non classé’

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Démocratie sans Etat 2

Publié: 29 mars 2018 dans Non classé

Après Kagamé, Poutine. Après Poutine, Chavez. Après Chavez, Erdogan. Trois continents, une ou deux idéologies, et un même style politique. Et le style c’est l’homme, après tout. Les deux premières décennies du XXIe siècle ont été marquées par un retour inattendu du bonapartisme : homme providentiel, élection plébiscitaire, diplomatie musclée et autoritarisme intérieur. Après les années 1990, marquées par la croyance en une marche triomphale de la démocratie, une ère dictatoriale et régressive a-t-elle suivi ? La tendance en tout cas est mondiale. Car voilà qu’on nous annonce que Xi Jinping, le président chinois, risque bien d’être nommé président à vie.  (suite…)

Démocratie sans Etat 1

Publié: 29 mars 2018 dans Non classé

Dans le dernier classement concernant la corruption, publié par l’ONG Transparency International, la Tunisie se situe à la 74e place mondiale en 2017. En 2010, à la veille de la révolution, elle était classée 60e. Une chute (énorme) de 15 places, en l’espace de sept ans de conquêtes démocratiques. Un paradoxe ? Une tragédie ? En tout cas, une incompréhension : comment l’avancée des libertés, la baisse des atteintes à la dignité, le droit d’expression retrouvé, s’accompagnent-ils de cette montée vertigineuse des malversations et des pots-de-vin ? (suite…)

Nos années carnivores

Publié: 19 mars 2018 dans Non classé

Les nations ont-elles des dents ? Des canines pour les plus conquérantes et des molaires pour les assimilationnistes ? Des nations édentées par les défaites, d’autres appareillées avec des dentiers payés par l’aide étrangère ? On est en droit de s’interroger ; après tout, le vocabulaire géopolitique le laisse entendre : on consomme une richesse nationale, on avale des territoires annexés et les morsures ne se comptent plus. L’expression “années carnivores” est due à la poétesse russe Anna Akhmatova (1889-1966). (suite…)

Chère Corée du Sud

Publié: 19 mars 2018 dans Non classé

De toutes les recettes pour briller en société ou, pourquoi pas, écrire une chronique à succès, l’une des plus efficaces consiste à se comparer à la Corée du Sud. Il y a tant d’années (par exemple, un demi-siècle, ou “dans les années 1950”), la Corée du Sud était un pays très pauvre (ou “plus pauvre que le Maroc”, ou “le plus pauvre du monde”). Sauf que, là où le Maroc stagna, la Corée du Sud, elle, s’acharna à se hisser aux sommets d’où elle nous toise aujourd’hui. Cette comparaison, qui émerge dans la presse au moins une fois par an, dite sur le ton de l’évidence, se retrouve d’ailleurs dans d’autres pays voisins, et parfois même auprès des institutions internationales. Lesquelles expliquent doctement que le Maroc (ou l’Algérie, ou le Sénégal) devrait faire comme la Corée du Sud. Le problème avec ce type de comparaison, c’est que loin de clarifier une situation, elle ne fait que l’embrouiller encore plus, avec, comme philosophie inconsciente, une espèce d’idéologie de la volonté (“eux, ils l’ont fait, parce qu’ils l’ont décidé, et voulu”), qui néglige l’histoire, le poids de la culture et le contexte géopolitique. (suite…)

En histoire, la flèche du temps ne va pas toujours dans le même sens. Le progrès ne vient pas toujours “après”, il lui arrive d’être simplement le rétablissement, sous un nouveau jour, d’un ordre ancien. Rien ne peut mieux exprimer ce paradoxe que la question de la liberté. Croire que les temps anciens sont, par principe, des temps de servilité que suit, tôt ou tard, la libération, est une grossière erreur.

Prenons le cas d’une très vieille monarchie, la plus vieille du monde, l’empire du Japon. (suite…)

70%

Publié: 17 mars 2018 dans Non classé

Parmi les nombreux exemples du mal-développement marocain, la sous-bancarisation fut longtemps emblématique. Le nombre de ménages marocains ayant accès aux services bancaires est resté très bas jusqu’à récemment. Très bas par rapport à la norme régionale. Le Maroc faisait moins bien que l’Algérie, la Tunisie ou l’Egypte. Mais, après tout, le Maroc faisait moins bien que ses voisins dans à peu près tous les domaines : alphabétisation, urbanisation, santé publique… Pourtant, la bancarisation dit beaucoup plus sur le système sociopolitique marocain que les autres critères. (suite…)

Egoïsme suicidaire

Publié: 16 mars 2018 dans Non classé

Stabilité institutionnelle, retour de croissance, investissements étrangers… le Maroc a tout juste. C’est du moins ce que croient ses dirigeants. Car ils semblent persister, depuis le début du millénaire, sur la même voie. Lorsque je parle de dirigeants, il ne s’agit ni de ses gouvernements successifs, ni de ses commis d’Etat. Il s’agit plutôt d’une classe sociale très étroite, cette oligarchie qui tient les rênes de son économie, possède ses groupes industriels, ses terres les plus productives, les mieux irriguées, et gère ses lignes de crédits. (suite…)

Gamal Abdel Nasser l’Egyptien, au sommet de sa gloire, Amadou Sékou Touré, le Guinéen qui a dit non à de Gaulle, Modibo Keita du Mali, Ferhat Abbas, le chef du gouvernement algérien en exil, tous là, côte à côte, et d’autres encore. Non, ce n’est pas le sommet de Bandoeng, où furent tracées les grandes lignes du nonalignement. Ni La Havane, encore moins Moscou. Il s’agit de Casablanca, pendant l’été 1960.

Car il fut un temps, à peine croyable au vu des développements politiques ultérieurs du Maroc, où Rabat pencha pour le tiers-mondisme. (suite…)

Happy new Iran?

Publié: 14 janvier 2018 dans Non classé

Traditionnellement, le nouvel an iranien ne débute que le 21 mars. Mais les augures sont peut-être en avance. Les troubles qui agitent le pays appellent plusieurs réflexions sur l’ensemble du monde eurasiatique. Non pas qu’il s’agisse forcément d’un tournant majeur. Mais les morts qui s’accumulent ont d’ores et déjà inscrit ces manifestations dans les annales remuantes des soulèvements populaires qui agitent le Moyen-Orient depuis dix ans. (suite…)