La plus arabe, la plus orientale, la plus anciennement civilisée, la plus méditerranéenne, mais aussi la plus centralisée, la plus laïque, la plus moderniste… Le plus berbère, le plus occidental, le plus traditionaliste… Au jeu des superlatifs maghrébins, la Tunisie et le Maroc gagnent en pointant aux deux bouts de ce qui fait l’essence du Maghreb. Leurs positions géographiques respectives sont aussi des marqueurs culturels. Et pourtant, ces deux antonymes semblent connaître, depuis l’indépendance, une coopération sinon toujours dynamique, du moins jamais sérieusement menacée par un quelconque désaccord profond. Cette réalité diplomatique tient de la raison. Lire la suite »

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Zara, Mango, Aldo et les autres

Publié: 25 juillet 2017 dans Non classé

La chaussure était-elle politique ? et le body, et la jupe, et même le string et la nuisette ? Depuis quelques années, la multiplication des enseignes de prêt-à-porter, essentiellement féminin, a changé le paysage urbain des grandes villes marocaines. Lire la suite »

Les promesses du 11 juin

Publié: 20 juin 2017 dans Non classé

Dans Le Fellah défenseur du trône, un classique de l’analyse politique, Remy Leveau décrit, au début des années 1960, la vérité politique du Maroc indépendant. Le pouvoir monarchique s’appuie sur la ruralité contre les villes. Ruralité archaïque, sous-productive et “sous-traitée” au réseau caïdal traditionnel. Une ruralité qui fait front, cependant, contre les villes, que l’explosion démographique, l’exode rural et l’industrialisation naissante rendent inflammables.

On peut imaginer que cette vérité était connue aussi du pouvoir, et que les freins multiples mis à l’urbanisation et à l’alphabétisation, et l’encouragement au maintien d’une agriculture sous employant une main d’œuvre nombreuse, tenaient à la conscience de cette alliance entre le trône et le douar. Malgré tout, la réalité d’un pays en transition démographique est instable. En 1984, dans une seconde édition du livre, Remy Leveau fait remarquer que l’exode rural joue contre cette stabilité, le “fellah défenseur du trône” ayant la fâcheuse tendance, depuis les sèches années 1980, à devenir un périurbain miséreux. Lire la suite »

Dans le Golfe, en ce moment, la vraie rupture n’est pas entre le Qatar et ses voisins. Cette rupture-là finira par se réduire, par la négociation ou le rapport de force. La vraie rupture est ailleurs, l’écume des journaux télévisés la masque pour le moment. Elle passe entre les Etats et leurs sociétés, et c’est en réalité une faille béante. Lire la suite »

Il a 39 ans, la taille élancée et le poil blond-roux ; il suscite sympathie ou aversion à très large échelle ; encore inconnu il y a peu, il est désormais suivi par la presse internationale. Vous pensez à Emmanuel Macron ? C’est vrai que ça fonctionne pour lui aussi, mais il s’agit de Nasser Zefzafi. Et lui aussi est en marche. Lire la suite »

Géopolitique des écritures

Publié: 16 mai 2017 dans Non classé

En 2023, c’est-à-dire demain ou après-demain, la Turquie célébrera, solennellement, peut-on penser, le centenaire de la fondation de la République turque par Mustapha Kemal et l’abolition de l’Empire ottoman.

On peut d’ores et déjà imaginer les différentes inaugurations : ponts et nouvelles villes, tours et musées. Je propose aux lecteurs un jeu, une sorte de pari : parmi les projets qui seront lancés à l’occasion, et dans l’hypothèse où Erdogan ou un fidèle seront toujours aux commandes, ce qui est probable, le pouvoir annoncera une immense mesure, une révolution, ou pour être plus juste une contre-révolution : le retour à l’alphabet arabe dans l’écriture de la langue turque. Impossible ? Pas vraiment. L’avenir nous le dira de toute manière. Lire la suite »

Qu’est qu’un populiste ? Un politicien proche du peuple ? Issu du peuple ? Un morceau du peuple transplanté subitement au cœur de l’élite ? Une parole politique sans brides ni entraves ? Une action publique spontanée et volontaire ? Si les définitions du populisme sont diverses, on s’accorde pourtant généralement à reconnaître le populiste. Abdelilah Benkirane est populiste, Hamid Chabat aussi. Par contre, ni Nizar Baraka ni Saâd-Eddine El Othmani ne le sont. Lire la suite »

C’est la flûte finale

Publié: 30 avril 2017 dans Non classé

On s’habitue à tout. On finit même par trouver à la plus loufoque des situations une raison d’être. Les vieilles démocraties occidentales ont enseigné au monde le jeu formel des élections régulières. De ces vieilles démocraties, deux en particulier, les États-Unis et la France, persistent dans une variante, l’élection présidentielle au suffrage universel direct (ou semi-direct dans le cas américain), qui prend désormais un aspect effectivement loufoque. Lire la suite »

On ne pouvait trouver meilleur titre à cette chronique que cette parole lumineuse, rapportée par l’historien Jean-Pierre Azéma, à propos de la candidature de François Bayrou en … 2002.

Autres mœurs, autre époque ? Absolument pas. Il y a là comme un invariant, une espèce de règle de géométrie politique. Quand un politique dit qu’il n’est ni de droite ni de gauche, c’est qu’il est de droite. Ah bon ? Pourquoi ? Pour la raison suivante : Lire la suite »

Vers un axe Casa-Le Cap?

Publié: 9 mars 2017 dans Non classé

Le Maroc est revenu au sein de l’Afrique institutionnelle. Et déjà des dents grincent. Celles de Pretoria, en particulier. Mais l’Afrique du Sud et le Maroc sont-ils promis à une éternelle détestation ? Pas si sûr. Lire la suite »