Articles Tagués ‘Proche-Orient’

Les attaques terroristes en Arabie Saoudite, la veille de l’Aïd, et dans le périmètre sacré de la Mosquée du Prophète à Médine, annoncent un changement à triple niveau, gros de troubles futurs. D’abord, simultanément avec la Turquie, alliée objective de Daech au nord, l’Arabie Saoudite, son alliée objective méridionale, est à son tour frappée. En agressant les deux (dernières) puissances sunnites de la région, Daech prouve qu’il n’est pas un État, mais un mouvement, dont le but est de tout balayer sur son passage. (suite…)

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Peut-on faire l’unité par la périphérie ? Par exemple, l’Union européenne en commençant par l’Espagne et la Pologne avant l’intégration éventuelle de la France et de l’Allemagne ? Le monde arabe est-il en train de faire son unité par ses marges ? Économiquement et stratégiquement, sur le théâtre des opérations et dans les médias, l’axe Rabat-Conseil des pays du Golfe n’est plus une option parmi d’autres, mais l’ossature d’un nouveau réalignement arabe qui est parti pour durer une ou deux décennies. Un réalignement régional avec un centre républicain déliquescent, et des marges monarchiques (suite…)

Les experts nous disent que la baisse du prix du baril de pétrole va durer. Tous les paramètres vont dans ce sens : le retour de l’Iran sur le marché mondial, la mise en conformité des installations libyennes et irakiennes, les énormes gisements américains mis en exploitation ou en attente… voilà pour l’offre. Et pour la demande, un double repli : la transition énergétique qui s’accélère dans beaucoup de pays développés ou émergents, et la crise chinoise. Mécaniquement, le prix du baril est à la baisse.

Mécaniquement aussi, les pays mono exportateurs vont traverser des turbulences. Il est possibles que beaucoup de régimes n’y survivent pas. Deux pays arabes en particuliers, deux pays aux systèmes et aux alliances opposés, vont connaître l’ordalie politique que beaucoup annoncent depuis une décennie : l’Arabie saoudite et l’Algérie. (suite…)

La plus grande ville du Maroc n’est pas sa capitale politique. Détail ? Pas vraiment. La carte urbaine d’un pays dit l’essentiel de son système politique. (suite…)

Le roi de Jordanie visite le Maroc. Le roi du Maroc visite l’Arabie saoudite. Ainsi vont diplomatie et mondanité en régime monarchique. L’observateur compare alors les uns aux autres, et en conclue à l’identité des systèmes. Erreur due à une confusion historique. Rapprocher la monarchie marocaine de la monarchie hachémite ou saoudienne ne sert ni l’une ni les autres, et encore moins la claire compréhension de ce qui est en jeu.

Le Maroc a un roi depuis 1957. Jusque là, il s’agissait d’un sultan, à la tête de l’empire chérifien. La Jordanie a un roi depuis 1946. Jusque là, il s’agissait d’un émir, à la tête d’une principauté. Ici, les mots sont importants, car ils décrivent deux processus historiques, non seulement différents, mais même opposés : (suite…)

Toute idéologie a sa mythologie. La laïcité militante n’y échappe pas. Dans sa constellation de légendes, le mythe central concerne les années 1960 et 1970, leur liberté de mœurs et de croyances, leur ouverture. La preuve et la bannière de cette période bénie ? La minijupe. Regardez les photos, en noir et blanc de préférence, voyez les films égyptiens (Abdelhalim Hafez dans Abi Fawqa Chajara par exemple), prêtez l’oreille aux souvenirs de vos parents, de vos grands-parents, surtout les mères et les grands-mères.

La réalité qui ressort de ces indices multiples est celle d’un Maroc (et plus généralement d’un monde arabe) infiniment plus occidentalisé, en contraste absolu avec la réalité des années 1990 et 2000. (suite…)

« 10 hours of walking in NYC as a Woman » est un film de moins de deux minutes. Une jeune femme filmée en caméra cachée déambule dans la métropole. Le propos du film est d’illustrer le harcèlement de rue, qui va de l’éloge insistant à l’ironie désobligeante.

Laissons de côté l’outre-Atlantique. Le même type de film a été réalisé à Riga, capitale de la Lettonie. La jeune femme n’a été interpelée qu’une fois, lorsqu’un inconnu lui a offert une fleur.

Revenons a-à New York. Un autre film a comparé le quotidien de deux jeunes femmes, l’une voilée, l’autre pas. La seconde se fait harceler au cours de sa journée. Pas la première.

Que conclure de tous ces sifflements polyglottes ? (suite…)

Une certaine gauche s’est spécialisée, historiquement, dans le rôle du cocu de la farce. Soutenir un prétendu allié, prétendu faible, prétendu ignorant, qui servirait de marchepied au pouvoir et à la transformation de la société… La suite, c’est par exemple Khomeyni qui se débarrasse de ses partenaires gauchistes ou le Hezbollah qui étouffe ses alliés de circonstances…
Cet aveuglement historique tient à deux choses : d’abord la certitude que l’histoire a un sens, et que la gauche est dans ce bon sens, bien sûr. Ensuite le mépris tacite envers les dites « masses ». Par paternalisme et condescendance, elle pense les manipuler. (suite…)

Alors que la fondation Chirac décernera ses Prix vendredi 21 novembre 2014, Omar Saghi, membre du Comité d’experts du Prix pour la prévention des conflits, prône une diplomatie culturelle au service de la paix. (suite…)

Le maroc invente-t-il, depuis quelques années, une diplomatie de la faiblesse muée en influence ?

De toutes les prérogatives du pouvoir, la diplomatie est sans doute la plus ambiguë, la moins monolithique du moins. Au Maroc, on s’est habitué depuis Hassan II à distinguer entre de soi-disant ministères de souveraineté (comme si les autres ne l’étaient pas…). Les Affaires étrangères, la diplomatie surtout, qui est leur vocation en principe, tenant la tête de liste.

En réalité, cette distinction entre diplomatie « souveraine » et ministères plus ancrés dans la réalité sociale et politique du pays, recouvre une plus vaste question : quel rapport établir entre la scène politique intérieure et l’action extérieure d’un pays ? Il n’y a pas que le Maroc qui s’interroge. (suite…)